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LA CONTRIBUTION ECONOMIQUE TERRITORIALE
I. La taxe professionnelle est un impôt direct local qui s’applique sur toute activité professionnelle, non salariée, exercée à titre habituel en France.
Si certaines exonérations existent, la profession d’avocat n’y est pas éligible et est donc imposée à ce titre quelle que puisse être la modalité d’exercice. La seule exception spécifique à la profession est l’exonération de taxe professionnelle accordée aux jeunes avocats pendant les deux premières années de leur exercice suivant celle du début d’exercice de la profession.
Des exonérations plus générales, accessibles aux avocats, existent, tenant essentiellement à l’aménagement du territoire, telles que les zones franches urbaines, zones urbaines sensibles, zone de revitalisation rurales etc.
II. L'EXISTANT
L’une des particularités de la taxe professionnelle est la détermination de sa base d’imposition.
La plus grande partie des redevables de la taxe relève du droit commun, la base est constituée par la valeur locative de tout ou partie des immobilisations corporelles utilisées pour les besoins de la profession, soit : - les immobilisations passibles de la taxe foncière (terrains, constructions etc.) ; - les autres immobilisations corporelles, à savoir les équipements et biens mobiliers
Les biens concernés ne sont pas nécessairement ceux dont le contribuable est propriétaire, mais ceux qui sont à sa disposition pour les besoins de son activité professionnelle.
Une plus petite partie des redevables relèveront du régime dérogatoire où la base est constituée par : - les immobilisations passibles de la taxe foncière (terrains, constructions etc.) ; - une fraction du montant des recettes (6%).
Sont concernés par cette modalité, les professionnels : - percevant des bénéfices non commerciaux (BNC), non soumis à l’impôt sur les sociétés et ayant moins de cinq salariés ; - percevant des BNC dans la limite de 61.000 € TTC par an et ayant au moins cinq salariés ; - percevant d’autres revenus que des BNC dans la limite de 152.500 € TTC par an
Vont donc relever de la base d’imposition assise sur les recettes (pas uniquement les bénéfices), une grande majorité des avocats et la quasi-intégralité des collaborateurs libéraux.
Les avocats en sociétés assujetties à l’impôt sur les sociétés sont, en revanche, concernés par le premier mécanisme.
Un abattement de 16% est appliqué à la base imposable brute et donne la base imposable nette.
Les cotisations de taxe professionnelles sont appliquées ensuite à cette base nette (communal, départemental, régional) pour déterminer la cotisation annuelle brute. Elle est majorée des frais de gestion de fiscalité directe locale (8% de la cotisation) pour donner la cotisation annuelle nette.
Si l’on prend un avocat collaborateur qui génère un chiffre d’affaires de 30.000 € TTC sans qu’il rétrocède d’honoraires à des tiers, n’a pas de bien immobilier loué pour son activité ou de salarié.
En l’absence d’immobilisations passibles de la taxe foncière, sa base d’imposition est uniquement constituée par 6% de ses recettes.
La base d’imposition brute est donc de 30.000 x 6% = 1.800 €. Avec l’abattement de 16% de droit, la base d’imposition nette est de 1.512 €.
La commune (ou le syndicat de commune ou la communauté de commune), le département et la région ont un taux de cotisation respectif de 20%, 10% et 5%.
La cotisation de taxe professionnelle sera donc de (1.512 x 20%) + (1.512 x 10%) + (1.512 x 5%) = 302,40 + 151,20 + 75,60 = 529,20 €.
Les critiques faites à la taxe professionnelles tiennent essentiellement à son manque d’homogénéité sur le territoire, mais surtout à la charge parfois disproportionnée qu’elle fait peser sur les entreprises industrielles qui ont, par nature, des immobilisations importantes.
III. LA REFORME ENVISAGEE
Le projet qui est actuellement en discussion prévoit de substituer le régime de droit commun de taxe professionnelle à : - une cotisation locale d’activité (CLA) dont la base d’imposition est constituée par la valeur locative des immobilisations de l’entreprise passibles de la taxe foncière et qui verrait son taux nettement revu à la baisse par rapport au régime actuel ; - une cotisation complémentaire assise sur la valeur ajoutée, avec un taux fixé au niveau national et progressif en fonction du montant du chiffre d’affaires de l’entreprise. Les entreprises réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 500.000 € seront exonérées de cette cotisation complémentaire
Dans l’absolu, les entreprises réalisant un chiffre d’affaire inférieur à 500.000 € vont bénéficier d’une baisse importante de leur taxe professionnelle car les équipements et biens mobiliers, antérieurement inclus dans la taxe professionnelle, ne sont pas reprises dans la CLA.
Cependant, la réforme en cours prévoit que le régime dérogatoire demeurera inchangé et que les professionnels qui en dépendent règleront la CLA + 6% du montant de leur chiffre d’affaire.
Dans le cas de l’avocat collaborateur, la base imposable demeurerait inchangée par rapport à ce qui existe avant réforme.
Sauf que le risque est de voir les collectivités locales augmenter les taux d’imposition pour compenser la perte éventuelle de revenus sur les autres entreprises qui vont bénéficier, elles, d’une véritable baisse de leur taxe professionnelle, devenue la contribution économique territoriale.
L’égalité du citoyen devant l’impôt pose une réelle difficulté et le maintien d’un régime dérogatoire tient plus de l’opportunisme fiscal que d’une réforme réfléchie.
Les professions libérales qui relèvent du régime dérogatoire subissent une différence de traitement par rapport aux autres professions tels que commerçants et artisans, et ce alors que la mission d'information de l'assemblée nationale avait préconisé une disparition de ce régime.
En l'état du projet, il faut savoir que certains artisans ayant peu de salariés, la réduction de la base de CLA peut aller jusqu'aux trois quarts.
A l'inverse, la réforme favorise les cabinets d’une certaine taille, employant plus de cinq salariés ou organisés en sociétés à l’IS, qui eux bénéficieront de la réforme de la taxe professionnelle.
IV. LA COTISATION COMPLEMENTAIRE
Le projet de loi prévoit en outre la création d'une "cotisation sur la valeur ajoutée" ou cotisation complémentaire applicable à toutes les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 500.000 €.
A l’origine, il était prévu que le seuil de déclenchement soit un chiffre d’affaires de 7.600.000 € (seuil correspondant à l’ancienne cotisation minimale sur la valeur ajoutée), avec un taux de 1,5%. Mais ce seuil aurait été récemment ramené à 500.000 €, entraînant l’imposition d’une plus large base et le taux est fixé entre 0 et 1,5%.
Or, les cabinets d’avocats, comme beaucoup d’activités de services ou de prestation intellectuelle, ont une valeur ajoutée importante et sont susceptibles de voir leur charge d’impôt au titre de la valeur ajoutée monter en flèche de ce fait.
Toutefois, le nouvel article 1586 du CGI prévoirait que les titulaires de BNC relevant du régime dérogatoire ne seront pas redevables de ladite cotisation complémentaire |